Janvier 2005

- Les négociations reprennent entre Mamuitun et les gouvernements, avec Mamit—Innuat. Matimekosh et Uashat Maliotenam sont présents à titre d’observateurs.

- Le conseil de bande de Betsiamites dépose une seconde injoncion contre la compagnie Kruger, le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral,  l’audition doit avoir lieu mi-février.

- La coalition Ukauimau aimu rencontre Benoît Bouchard et Alain Belley dans le cadre de la consultation sur « le bon voisinnage ». Innus et non-innus vivant à Mashteuiatsh sont renvoyés au conseil de bande pour la prise en compte de leurs préoccupations concernant leurs droits prévus par l’entente de principe.

- le 20 janvier 2005, Benoît Bouchard dépose son premier rapport de consultation.

- le climat ne s’arrange pas non plus du côté de la Côte-Nord où l’injonction déposée par le conseil de bande de Betsiamites suscite de vives réactions.

Février 2005

Des citoyens de Uashat-Maliotenam s'opposent à la résolution adoptée par le conseil de bande en vue d'un retour dans la négociation. Une pétition demande que tout projet de retour aux tables de négociations soit soumis à un mécanisme formel de consultation auprès de la population.

- En réunion à Sept-îles, les chefs des conseils de bande décident de déposer une revendication globale auprès du gouvernement de Terre-Neuve –Labrador qu’ils invitent à la table centrale.

- À Betsiamites, une seconde pétition circule exigeant un retrait des négociations territoriales.

- Les audiences sur le fond de l’injonction déposée par Betsiamites commenceront le 16 mai 2005 alors que Kruger est sommé de ne pas débuter ses activités avant cette date et que Betsiamites n’a pas obtenu la requête en ordonnance de sauvegarde qu’elle désirait

Mars 2005

- Alors que le gouvernement du Québec semble attendre la décision qui sera rendue au sujet de l’injonction déposée par le Conseil de Bande de Betsiamites, tout en affirmant poursuivre la négociation, les chefs des neufs conseils de bande situés dans le Québec se réunissent à huis-clos dans la région de Mashteuiatsh. Ils doivent élaborer une stratégie commune afin de répondre à la demande des gouvernements provincial et fédéral de négocier un traité pour l’ensemble des Innus.

- Alors qu’ils annoncent faire front commun, les chefs restent invisibles à la population de Mashteuiatsh, dont la coalition Ukauimau aimu qui leur adresse une lettre réaffirmant l’opposition des héritiers des territoires nete nitassinan à l’actuel projet de traité. À Betsiamites, l’attitude des chefs est dénoncée dans une lettre ouverte et à Uashat Mani-Utenam, on planifie des actions pour protéger le territoire du Lac Manitou.

Avril 2005 

L'audition de la requête en injonction interlocutoire de Betsiamites concernant les coupes forestières sur l'Île René-Levasseur est repoussée à l'automne alors que le tribunal siègera en mai pour disposer de l'ordonnance de sauvegarde.

La demande du fédéral et de la province aux neuf communautés englobées dans le Québec de s’entendre et de se présenter à la Table de négociation ensemble met à jour des divergences profondes sur le sujet de la négociation territoriale au sein des conseil de bandes innus.  Les chefs se rencontrent début avril à Montréal et Gilbert Dominique se dit déçu de la rencontre. Le chef de Mashteuiatsh évoque également que le droit des Innus sur le territoire, le droit collectif défendu par son conseil et dans la négociation ne contient pas de composantes individuelles ou financières que les familles héritières pourraient faire valoir auprès des banques pour faire du développement.

Les conseils de bande qui négocient avec Mamuitun demandent à émettre eux-même les « statuts d’indiens », selon les médias.

Ottawa met fin au mandat de son négociateur en chef André Maltais.

Mai 2005

Rémy Kurtness, le négociateur en chef pour Mamuitun annonce sa démission qui sera effective en juillet 2005, il invoque la lenteur du dossier.

Uashat-Maliotenam et Matimekosh signent un protocole pour travailler ensemble à la négociation, pendant que le chef de Mashteuiatsh déclare que toute attente dans le dossier de l’Approche commune est  néfaste

Le 16 mai débutent en cour supérieure les audiences sur l’ordonnance de sauvegarde sur l’Île René Levasseur suite à la requête formulée par Raphaël Picard. La juge délibère sur la requête et en attendant sa décision, le chef de Betsiamites se rend à l’ONU pour y faire une déclaration.

Guy Chevrette, qui est maintenant à la tête du Conseil forestier, demande à Québec de cesser toute négociation avec les Innus.

Les conseils de bande de Mingan, Natashquan, La Romaine et Saint-Augustin signent un protocole politique qui rappelle que les Innus ont des droits ancestraux et un titre aborigène sur les territoires de la Minganie et de la Basse-Côte-Nord lors du développement de projet hydroélectrique.

Juin 2005

Les 9 communautés innues sises au Québec ne parviennent pas à s’entendre sur le sujet de la négociation territoriale. Betsiamites, Essipit, Mashteuiatsh et Nutashkuan auraient décider de faire cavalier seul pour poursuivre selon l’entente de principe décrochée en mars 2004.

Le ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec, Geoffrey Kelley,  convoque les représentants des neuf communautés à une rencontre, le 30 juin pour relancer des pourparlers sur l'Approche commune.

Le 15 juin, le négociateur pour le Québec Louis Bernard se retire.

Le 17 juin, la cour suspend l’exploitation forestière de l’Île René Levasseur et donne gain de cause aux Innus. Alors que des pourparlers commencent autour de la récupération du bois brûlé, Kruger met à pied 153 employés.

Le Conseil de l'industrie forestière du Québec, représenté par Guy Chevrette, invite Québec à contester le jugement sur l'île René-Levasseur

Le conseil de bande d'Uashat-Maliotenam entreprend des pourparlers avec Québec pour faire valoir ses droits sur l'île René-Levasseur.

Le gouvernement du Québec fait appel de la décision rendue par la cour supérieure et demande, d'ici à ce que l'appel soit débattu, à faire lever l'ordonnance sur l'île René-Levasseur afin de récolter le bois brûlé.

Québec annonce en même temps la formation d'un comité pour définir une politique de consultation des autochtones au sujet de l'exploitation des ressources naturelles.

Kruger fait appel à son tour de la décision de la juge Grenier le 17 juin et obtient gain de cause pour la récupération du bois brûlé. Betsiamites annonce qu'elle va contester en Cour suprême le jugement de la Cour d'appel du Québec qui permet à la papetière Kruger d'aller récupérer le bois brûlé sur l'île René Levasseur.

Betsiamites se retire temporairement des négociations.

Août 2005 

Les gouvernements du Canada et du Québec devront répondre à des inquiétudes formulées par le Comité des droits de la personne des Nations unies concernant l'état des négociations avec les différentes nations autochtones du Canada.  Les Nations unies veulent notamment avoir des détails sur le concept d'autodétermination qui est reconnu aux nations autochtones, et sur l'extinction des droits aborigènes, notamment ceux des Innus.

Les communautés de Sept-Îles-Malioténam et de Schefferville créent une corporation, Ashuanipi, pour participer aux négociations territoriales avec les gouvernements.

Le premier ministre du Québec Jean Charest rappelle à Raphaël Picard que « les Innus ne sont pas les seuls à pouvoir se réclamer de leurs ancêtres sur le territoire de la Côte-Nord ».

Septembre 2005

Une communauté, non inscrite selon la loi fédérale, les Métis du Québec, cherche la reconnaissance auprès du gouvernement du Québec et souhaite être assise à la table de négociation territoriale.

Octobre 2005

Le gouvernement fédéral annonce la nomination de Gilles Thériault à titre de négociateur

Décembre 2005

Le processus de négociation est au point mort même si Mashteuiatsh, Essipit et Natashquan manifestent souvent leur volonté de poursuivre les discussions en vue de la négociation d'une entente finale et que Geoffrey Kelley, le ministre des Affaires autochtones du Québec, se dit soucieux de reprendre le processus au plus vite.

Le Conseil de Pessamit loge une poursuite juridique de 3 milliards $ contre les gouvernements et les forestières.

Janvier 2006

Le ministre délégué aux Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, réclame un blitz de rencontres en 2006 pour débloquer rapidement les négociations territoriales avec les Innus. Un scénario qu’il sait optimiste.

Février 2006

Les chefs innus émettent des avis partagés sur l'avenir des négociations territoriales à la suite de l'élection d'un gouvernement fédéral conservateur.

L'ancien ambassadeur du Canada aux Nations-Unies, Yves Fortier, est nommé négociateur provincial dans le dossier des négociations territoriales avec les Innus du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord.

Le chef de Pessamit réitère qu’il ne participera pas aux négociations qui selon lui ont perdu toute crédibilité.

L’Union des municipalités du Québec quant à elle demande à être associée au processus, ce qui ne fait pas l’unanimité chez ses membres.

Le conseil de bande de Mashteuiatsh nomme son nouveau représentant en la personne de Carl Nepton, celui-ci est nommé négociateur pour la Première Nation de Mashteuiatsh.

Le négociateur fédéral attend la conformation de son mandat et trouve irréaliste l’échéancier proposé par le ministre Kelley.

Mars 2006

Pessamit et Québec reprennent leur dialogue sur les droits de coupes forestières avec méfiance. Le processus se solde par un échec.

Avril 2006

Pessamit confirme qu'elle tentera de faire annuler les permis temporaires émis  temporairement par Québec aux  28 compagnies forestières présentes sur leur territoire de la Côte-Nord.

Le mandat du négociateur en chef du gouvernement fédéral, Gilles Thériault, n’est pas renouvelé. Celui-ci affirme que le nouveau gouvernement conservateur souhaite quand même la conclusion d’une entente.

Les trois chefs d'Uashat-Maliotenam, de Betsiamites et de Matimekoshdiscutent de leurs frontières communes et de leurs chevauchements. Les pourparlers devraient se poursuivre en mai.